| Jeanne Bourgeois. Naît à Enghien-les-Bains.
Cette chanteuse française incarne la «môme de
Paris» avec sa voix nasillarde, sa gouaille, son sens de la
répartie et son accent des faubourgs.
Mistinguett débute à la fin du XIXe siècle.
Elle cherche sa vocation, sa voix et son nom de scène (successivement
Miss Helyett, Miss Tinguette et enfin Mistinguett) et entre finalement
dans la revue.
En 1909, au Moulin-Rouge, elle obtient un vaste succès avec
la Valse chaloupée qu'elle danse avec Max Dearly, essai transformé
en 1912 aux Folies-Bergère avec la Valse renversante.
Son partenaire est alors Maurice Chevalier et ce couple, bientôt
brisé par la carrière en solitaire de Chevalier, restera
mythique.
Dans les années vingt, Mistinguett enchaîne les opérettes
à succès : Paris qui danse, Paris qui jazz, En douce,
Ça, c'est Paris.
Devenue une gloire nationale, une gloire qui s'exporte, «
la Miss » est allée chanter Mon homme jusqu'aux États-Unis.
Elle représente la Parisienne par excellence, le pendant
féminin de Maurice Chevalier et, même si leurs voies
se sont séparées, ils incarnent tous deux le music-hall
français.
Souvent la proie des caricaturistes, elle s'est amusée à
reprendre dans la chanson, C'est vrai, tous les clichés qui
la poursuivaient : « On dit que j'ai la voix qui traîne,
en chantant mes rengaines, c'est vrai ... ». Mais personne,
dans son public, ne prend ce texte à la lettre : la Miss
est intouchable.
Sa présence scénique, sa façon de jouer avec
les spectateurs, son naturel sont le fruit d'un long travail ; elle
aimait d'ailleurs à dire : « À force d'assiduité
je suis devenue nature ».
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