accueil - De la réclame à la Publicité 1920-1950
   

Le voyage et la vie au grand air


Comment vendre le rêve d'évasion

Le rôle de l'affichiste  et la fonction de l’affiche selon Cassandre

En 1935, Cassandre formule, sa théorie :

« L’affiche exige du peintre un complet renoncement. Il ne peut s’exprimer en elle ; le pourrait-il, il n’en aurait pas le droit. La peinture est un but en soi. L’affiche n’est qu’un moyen de communication entre les commerçants et le public, quelque chose comme le télégraphe. L’affichiste joue le rôle du télégraphiste : il n’émet pas de messages, il les transmet. On ne lui demande pas son avis, on lui demande d’établir une communication claire, puissante, précise. Sans doute s’agit-il d’un message plastique. Mais si l’affichiste emploie les moyens du peintre, ils cessent d’être pour lui moyens d’expression individuelle, pour devenir langage anonyme, une sorte de code international, l’alphabet Morse du télégraphiste. »

Une affiche doit porter en elle la solution de trois problèmes :

Optique – Une affiche est faite pour être vue (…) Cette visibilité dépend, non d’un simple contraste de couleurs, mais bien d’un rapport de valeurs, exalté par un choc de formes, un accident formel.

Graphique – On n’a pas jalonné les voies de chemin de fer de pancartes portant les mots « veuillez vous arrêter SVP ». On a judicieusement préféré des signaux colorés, sortes d’idéogrammes infiniment plus expressifs et d’une lecture plus rapide. L’affiche qui doit parler vite a choisi le même langage : l’image, véhicule même de la pensée.

Poétique – Il lui faudra provoquer chez le spectateur bien plus qu’une sensation visuelle fugitive, une émotion consciente ou inconsciente, en tout cas obsédante. On ne lui demande pas de se faire aimer ni comprendre, seulement de se faire subir. Elle est à la peinture ce que le viol est à l’amour. »